Coquille Saint-Jacques | Guide des espèces

Coquille Saint-Jacques

Pecten maximus, Zygochlamys patagonica,

Placopecten magellanicus, Argopecten purpuratus,

Mizuhopecten yessoensis, Mimachlamys crassicostata


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  • Atlantique Nord-Est pour Pecten maximus
  • Atlantique Sud-Est
  • Atlantique Nord-Ouest
  • Pacifique Sud-Est
  • Pacifique Nord-Ouest
  • Drague
  • Chalut de fond
  • A la main (plongée)

 


Dernière mise à jour : juillet 2020

 

Les coquilles Saint-Jacques européennes Pecten maximus consommées en France sont issues de gisements localisés autour des îles Britanniques, très majoritairement en Manche. Elles peuvent également à un degré mineur provenir du golfe de Gascogne (Glénan, baie de Quiberon, Pertuis charentais). Elles sont principalement exploitées à la drague, avec, sur plusieurs gisements, un strict système d’encadrement de la pêche (licences numerus clausus, caractéristiques spécifiques des dragues (gréement, maillages, dimensions) voire quota/ TAC (Total Admissible de Captures) annuel). Plus rarement, elles peuvent être récoltées à la main toute l’année (île Hitra, Norvège, Écosse, Bretagne). Par ailleurs, de nombreuses autres espèces de pectinidés approvisionnent le marché européen sous la forme de « noix de Saint-Jacques » congelées : 

 

• Zygochlamys patagonica, pêchée depuis 1996 au chalut de fond en Argentine ainsi qu’en Uruguay. 

• Placopecten magellanicus ou Peigne géant des États-Unis et du Canada, est une coquille de pêche (drague, chalut de fond) dont les stocks sont fortement exploités. Elle est répartie en plusieurs sous stocks, allant de Terre-Neuve à la Caroline du Nord ; George Bank, Mid Atlantic Bight, banc de Saint-Pierre et Miquelon, sud de la Nouvelle-Écosse, etc. Cette espèce est exploitée par un système d’assolement (certaines zones sont laissées en « jachère » entre 2 périodes d’exploitation), au niveau de la zone côtière le long du Maine par exemple. Dans ces zones, la gestion de la ressource prévoit un accès limité à la pêcherie et son contrôle est strict. Les zones plus au large sont cependant fortement exploitées toutes l’année. 

• Au Pérou et au Chili, Argopecten purpuratus est élevée en pleine mer dans des fermes aquacoles.

• Deux pectinidés que l’on retrouve sporadiquement sur nos marchés proviennent d’Asie :

  • Mizuhopecten yessoensis est produite au Japon (élevage). 
  • Mimachlamys crassicostata, provient du Vietnam où l’état des stocks n’est pas connu. 

 

Record mondial de consommation

La France enregistre le record mondial de consommation de pectinidés avec 2,5 kg par habitant et par an.

 

 

Drague à coquilles

Pecten maximus, originaire des gisements français ou écossais, est capturée à la drague à coquilles, soit à gréement dit "breton" (avec ou sans volet dépresseur), soit engin dit "à ressorts", majoritairement utilisé en Manche Est. Engin très lourd qui racle le fond, la drague a un impact non négligeable sur l’environnement marin.

 

 

Gestion exemplaire, ou presque

Le caractère sédentaire et la forte productivité de cette espèce facilitent sa bonne gestion. Cependant, la forte variabilité du recrutement et les fluctuations de la croissance individuelle des animaux qui dépendent de facteurs exogènes à la pêche (température de l’eau, caractéristiques nutritionnelles du milieu…) et la facilité de capture accentuent sa vulnérabilité. Des systèmes de gestion sont en place pour limiter cette variabilité. La gestion des coquilles dépend fortement de la région dont on parle. Dans certaines zones, la gestion locale applique des règles strictes (saison de pêche et quotas). Dans d’autres zones, il n’y a presque pas de gestion du prélèvement par les professionnels. En 2013, le CIEM a pris l’initiative d’organiser et de normaliser la collecte de données scientifiques afin d’aider à une meilleure gestion des stocks. Principales mesures de gestion :

 

• la taille minimale de commercialisation est fixée à l’échelle européenne à 10 cm, et 11 cm pour la mer d’Irlande et la Manche Est. En France, elle peut être plus élevée selon les gisements (10,2 cm pour le gisement classé de la baie de Saint-Brieuc et 10,5 cm pour la rade de Brest et les pertuis charentais).

 

• la taille du diamètre intérieur des anneaux de drague à coquille est fixée par arrêté ministériel à de 92 mm en France (elle est passée localement à 97 mm en baie de Saint-Brieuc en 2017). Il n’y a pas de diamètre minimal réglementaire pour les Britanniques. La plupart utilisent des anneaux de diamètre 85 mm (parfois moins), même s’ils pêchent sur les mêmes zones que les navires français.

 

• en France, l’ouverture de la pêche (du 1er octobre au 15 mai) est fixée par arrêté ministériel. Cette pêche est sujette à conflits entre les Britanniques, les Irlandais et les Français en Manche Est, car au-delà des 12 milles des côtes françaises, la pêche est ouverte toute l’année au Royaume-Uni et en Irlande. Il existe un « Gentlemen’s Agreement » entre la France et le Royaume-Uni, renégocié annuellement, qui permet une cohabitation, certes compliquée, entre pêcheurs français et britanniques.

 

 

Stocks sous surveillance

• Le gisement coquillier de Manche Est, le principal en France, est exploité par près de 250 navires qui débarquent tout le long du littoral de Boulogne à Cherbourg. Il est également fortement exploité par les flottilles étrangères, britanniques et irlandaises notamment. Il peut être séparé en deux zones :

  • la Baie de Seine (à l’intérieur des eaux territoriales françaises ou 12 milles), zone la plus productive, à l’intérieur de laquelle il y a des mesures de régulations fortes et où les biomasses sont en augmentation régulière depuis 2008.  En 2018 la biomasse totale exploitable de coquilles est à un niveau jamais vu, atteignant quasiment 63 600 tonnes (contre 48 600 tonnes en 2017). La situation à l’extérieur de la baie de Seine est par ailleurs en forte diminution, avec une biomasse totale dépassant à peine 7 800 tonnes (contre 18 800 tonnes en 2017). 
  • les eaux hors 12 milles sont sans réelles mesures de gestion existantes pour les flottilles anglaises et irlandaises. Les flottilles françaises sont soumises à l'ouverture de la saison de pêche (d’octobre à mai) 5 jours par semaine, aux quotas journaliers et à la limitation du nombre de dragues.

 

Le stock de Manche Ouest sont très majoritairement représentés par celui de la baie de Saint-Brieuc où sont rencontrées les plus fortes densités de l'espèce à l'échelle européenne et où se concentre l’essentiel de l’activité de pêche (230-235 navires). L'encadrement est particulièrement strict avec comme spécificité l'adoption d'un quota global/TAC de pêche sur la base des préconisations scientifiques. Actuellement, la biomasse exploitable (coquilles de plus de 10,2 cm) dépasse les 25 000 tonnes. Ces chiffres n’avaient jamais étés observés depuis 1973. 

 

Le stock de la rade de Brest eest pêché au-delà du RMD (Rendement Maximum Durable). L’écloserie locale réensemence la zone afin de maintenir une population exploitable durable. La production globale est de l’ordre de 200 à 300 tonnes par an, dont la moitié est issue de semis d’écloserie. Le stock est soumis à des fermetures régulières de l'exploitation en raison des concentrations cycliques de toxines amnésiantes. 

 

Au Royaume-Uni,  la pêche est menée tout au long de l’année par des dragueurs ainsi qu’une petite partie des captures par des plongeurs professionnels écossais. La gestion des stocks de coquilles Saint-Jacques par les Britanniques dépend des zones concernées : aucune régulation n’existe en Écosse tandis que des licences sont mises en place dans le sud de la Cornouaille par exemple. L’état des stocks n’est que partiellement connu. La plupart sont considérés comme pleinement exploités et l’effort de pêche ne doit pas être augmenté.

 

 

 

 

À RETENIR

  • Les stocks de Manche et les petits gisements de la façade Atlantique  sont sous haute surveillance.  Ils se portent globalement bien. 
  • Sept pêcheries sont certifiées MSC dans le monde : les coquilles Patinopecten yessoensis du Japon et de la Chine, Zygochlamys patagonica d’Argentine, Placopecten magellanicus du Canada 
    (2 pêcheries) et des États-Unis et Pecten maximus des îles Shetland. 
  • Pour les espèces produites en aquaculture (Argopecten purpuratus), vérifiez les pratiques d’élevage avant tout achat.
  • Tous les pectinidés vendus sous forme  de noix peuvent s'appeler "Saint-Jacques" lorsqu'ils sont transformés (conserves, surgelés...)

À SAVOIR

Limitation saisonnière

 

La limitation saisonnière de la pêche en France (d’octobre à mai selon les gisements) résulte à la fois d’une réflexion commerciale (quota fixé en fonction des capacités d’absorption du marché,  le marché d’été étant faible) et d’une volonté de conservation  de la ressource. Cette fermeture saisonnière de la pêche a un réel intérêt biologique, puisqu’elle correspond à la fois à la période  de ponte (de mai à septembre selon les zones et les années)  et à la période de forte croissance des coquilles (en période d’abondance du phytoplancton au printemps et en été).