Bulot | Guide des espèces

Bulot

Buccinum undatum


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Dernière mise à jour : juin 2020

 

Gastéropode gris ambré, le bulot est également appelé « buccin » ou encore « ran » en Normandie, région de forte production. C’est son pied musculeux que l’on consomme. C’est dans ce pied musculeux que se trouvent le système digestif et le système reproducteur.

Le bulot est une espèce très répandue dans les eaux tempérées et froides des mers du Nord. Sa distribution géographique couvre une vaste zone qui va des rivages canadiens aux mers sibériennes. En Europe, la principale zone de pêche est située à l’ouest du Cotentin, dans la bande côtière située entre le port de Diélette, au nord, et celui de Granville, au sud. Depuis quelques années, sa pêche se développe partout en Manche, côté britannique en Manche Ouest et côté français en Manche Est. Il est caractérisé par une coquille en spirale et a un régime alimentaire carnassier nécrophage. Le bulot atteint sa maturité sexuelle vers 2,5-3 ans, quand il mesure entre 40 et 45 mm. La longévité de ce gastéropode est remarquable et peut atteindre 10 ans. Sa lente croissance le rend vulnérable à une activité de pêche trop intensive.
 

 

Plutôt cuit que vif

Les bulots sont parfois commercialisés crus (vivants ou parfois surgelés), mais plus fréquemment cuits. La vente du produit cuit  croît en importance en raison de la facilité  et du gain de temps qu’elle procure aux consommateurs et aux restaurateurs

 

 

Casiers appâtés

Le bulot était utilisé comme appât pour la pêche à la morue (cabillaud) depuis le Moyen Âge. C’est au siècle dernier qu’une pêche spécifique dédiée à l’alimentation humaine a démarré. Il se capture principalement par des casiers appâtés (avec crabe vert, tourteau, roussette…).

Cette pêche très sélective se pratique à partir de navires spécialisés (petits navires côtiers de moins de 12 mètres). Chaque navire pose et relève plusieurs centaines de casiers quotidiennement. Les deux tiers de la production française sont originaires de Normandie, notamment du Golfe normano-breton, exploité par la France et l’île de Jersey, où sont pêchées en moyenne 9 000 tonnes de bulots chaque année (9 378 tonnes en 2018, soit 60 % de la production nationale qui s’élevait à 15 494 tonnes). Avec 2 645 tonnes débarquées en 2018, le bulot reste la première espèce débarquée à la criée de Granville. Le bulot normand est aussi leader en Europe devant celui en provenance du Royaume-Uni et de l’Irlande.

Des ventes fortement rémunératrices (> 3 euros/kg environ) vers les marchés d’Extrême-Orient (Corée du Sud principalement) ont participé à la rentabilité de l’activité et à l’accroissement de l’effort de pêche. De ce fait, il a été nécessaire de renforcer son encadrement.
 

 

 

En 2017, 38 115 tonnes de bulot commun (Buccinum undatum) ont été pêchées au niveau mondial. 

 

 

Affaiblissement des stocks

Le Comité régional des pêches maritimes de Normandie et le syndicat mixte pour l’équipement du littoral (SMEL), suivent de près quelques indicateurs clefs (captures par unité d’effort, rendements, tailles), ainsi que l’évolution de l’activité.

Le stock de la baie de Granville est évalué par l’Ifremer ; le taux d’exploitation n’a pas cessé de croître de 1980 à aujourd’hui, pendant que le niveau de la biomasse féconde chutait. Le stock est aujourd’hui considéré comme surpêché. De plus, le bulot, qui est en limite sud de son aire de répartition (période de reproduction en hiver) souffre du changement global et de la hausse régulière de la température de la Manche depuis 10 ans. 

 

 

 

La Belgique importe 265 tonnes annuelles de bulot dont 74 % en provenance de la France et 12% des Pays-Bas, où le bulot est pêché  en mer du Nord. En Belgique, le bulot est souvent consommé cuit dans les ventes à emporter sous le nom de « caracole ».

 

 

Sous surveillance

Le bulot est soumis à une réglementation spécifique dans les deux principaux départements producteurs, la Manche et le Calvados. Sa pêche nécessite la détention d’une licence, délivrée annuellement par le Comité régional des pêches. Afin de réduire l’effort de pêche, le nombre de ces licences a baissé ces dernières années. L’encadrement de la pêche du bulot par licence consiste en une limitation du nombre de navires et de leur longueur (moins de 12 mètres), du nombre de casiers mis en œuvre (240 par homme plafonné à 720 par navire), d’un quota de pêche journalier de 300 kg de poids vif par marin avec un maximum de 900 kg par navire et d’un calendrier d’ouverture de la pêche restreint aux jours ouvrables, et fermés les samedi, dimanche, jours fériés ainsi qu’en janvier (repos biologique). Dès 1983, une taille minimale de capture de 45 mm (correspondant à la taille de maturité sexuelle) a été instaurée au niveau local par les professionnels, puis en 2000 au niveau européen. Le tri doit s’effectuer à bord des navires sur zone (mesure nationale). 


 

En février 2019, le bulot de la baie de Granville a obtenu l’Indication Géographique Protégée (IGP), qui vise à défendre l’origine d’un produit dans toute l’Union européenne. L’IGP identifie ainsi les produits rattachés à un terroir donné. Cette certification apporte une image de notoriété au produit, mais ne garantit pas du respect de critères environnementaux lors de sa production. 

 

 

En 2017, les efforts de gestion de la ressource ont permis l’obtention du label pêche durable MSC pour le bulot de la baie de Granville. Cette certification est maintenue malgré la dégradation du stock, la pêcherie ayant réagit immédiatement en réduisant l’effort de pêche de 10% en 2020.

 

 

 

 

À RETENIR

  • Le bulot, grande spécialité normande, est devenu un incontournable des plateaux de fruits de mer.
  • Le stock normand, qui se portait bien dans les années 60, a montré des signes d’altération dès les années 80. Il est sous  la surveillance du Comité régional des pêches maritimes de Normandie, qui depuis mène une politique de réduction de l’effort de pêche. Malgré les mesures de conservation mises en place, le taux d’exploitation n’a pas diminué et le niveau de biomasse est en dessous des limites de durabilité depuis le début des années 2000. 
  • Le stock de la baie de Granville est considéré surpêché. La pêcherie française de la baie de Granville, certifiée MSC, a rapidement réagi à l’annonce des scientifiques, en réduisant l’effort  de pêche de 10 %. La certification MSC  est pour le moment maintenue.
  • Le bulot de l’Atlantique Nord-Est est  à consommer avec modération. 
  • Les espèces de bulot pêchées en Atlantique Nord-Ouest sont à éviter en raison de  la fragilité des ressources (Busycotypus canaliculatus) et de la concentration  de polluants (Neptunea despecta).

 

À SAVOIR

L’espèce Busycotypus canaliculatus est pêchée sur la côte ouest de l’Atlantique  dans le golfe du Maine aux États-Unis où son stock est jugé dans un état extrêmement vulnérable. Au Canada (Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve-etLabrador), Neptunea despecta est l'espèce la plus abondante mais est interdite à la consommation en raison de la bio-accumulation de polluants (PCB) dans sa chair.