Chinchard | Guide des espèces

Chinchard

Trachurus trachurus

Trachurus mediterraneus


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  • Atlantique Est : du nord de la Norvège à l’Afrique du Sud
  • Mer Méditerranée
  • Chalut de fond
  • Chalut pélagique
  • Senne
  • Filet

 


Dernière mise à jour : juin 2020

 

Poisson grégaire de la famille des carangidés, le chinchard est une espèce pélagique que l’on peut également trouver à proximité du fond. Il se distingue par une nageoire caudale très échancrée et la présence de scutelles osseuses (dans la partie postérieure de la ligne latérale) qui accentuent son éclat argenté. Le chinchard commun (Trachurus trachurus) fréquente les eaux côtières au cours de ses deux premières années, puis il s’éloigne sur le plateau continental. Il ne revient sur la côte qu’à l’âge adulte, au cours de sa migration d’été. Le mâle acquiert sa première maturité sexuelle à 3 ans, quand il mesure environ 20-22 cm, alors que la femelle l’acquiert à 4 ans, quand elle mesure 26-30 cm. Le chinchard peut vivre jusqu’à 15 ans. Comme tous les autres petits pélagiques, les populations de chinchard sont sensibles aux modifications environnementales.

 

En Europe, les chinchards juvéniles sont prioritairement ciblés pour approvisionner les marchés du sud de l’Europe ; les poissons plus âgés sont exportés vers le Japon et les poissons de grosse taille sont dirigés vers les marchés africains où cette espèce est très appréciée.

 

Etats des stocks

 

Trois stocks distincts de chinchard commun font l’objet de suivi scientifique :

 

• Le stock de la mer du Nord, Manche Est, Skagerrak-Kattegat (zones 3.a, 4.b-c et 7.d) est considéré surpêché. Les campagnes scientifiques indiquent que la biomasse reste faible, même si l’effort de pêche est inférieur au niveau du RMD (Rendement Maximum Durable). Les scientifiques recommandent une baisse des captures de 20 %, soit 14 014 tonnes pour 2020. 
Le TAC (Total Admissible de Captures) a été fixé à 13 763 tonnes. 

 

• Le stock Sud au large du Portugal (zone 9.a) est en bon état, avec une biomasse de reproducteurs très élevée et en très forte hausse. Les scientifiques estiment qu’une augmentation des captures est possible sur ce stock à hauteur de 116 871 tonnes pour 2020 (sachant que 31 661 tonnes ont été capturées en 2018). Le TAC pour 2020 a été fixé à 116 871 tonnes. 

 

• Le stock Ouest (zones 2.a, 4.a, 5.b, 6.a, 7.a-c, 7.e-k, 8) est estimé surpêché et dégradé. Le recrutement de juvéniles (qui dépend notamment des conditions environnementales) est faible. 102 000 tonnes ont été pêchées en 2018. Les scientifiques recommandent des captures en 2020 au plus égales à 83 954 tonnes. Le TAC a été fixé à 81 796 tonnes.

 

Les règles de gestion comprennent une limite quantitative des prises sous la forme d’un TAC établi pour chacun des trois stocks identifiés. Par ailleurs, une taille minimale de commercialisation a été fixée à 15 cm, taille très en deçà de celle de la première maturité sexuelle de l’espèce qui est aux alentours de 26 cm pour les femelles. Le taux de prises accessoires de chinchard (sous-tailles, hors TAC) est globalement faible (4 % pour le stock Ouest), mais peut varier entre 0 % et 90 % selon les pêcheries.

 

Le mal aimé

 

Contrairement à l’engouement des Espagnols et des Portugais pour cette espèce, le chinchard est très peu prisé en France et en Belgique. Il n’est pas consommé localement et ses débarquements sont essentiellement exportés vers la péninsule ibérique. Si la mode des sushis, pour lesquels le chinchard est très utilisé, stimule la visibilité de cette espèce, le chinchard reste à découvrir par une plus large frange des consommateurs. Préparé cru, en filet mariné ou encore grillé entier au barbecue, le chinchard est un poisson savoureux.
Le faible intérêt des consommateurs pour cette espèce et sa relative abondance (quelque 4 000 tonnes sont vendues annuellement dans les criées françaises) en font l’un des poissons les moins chers à l’étal des poissonniers. Le prix payé aux pêcheurs par les mareyeurs s’établit aux alentours de 1 euro/kg sous criée.

 

En Belgique, 50 tonnes par an sont débarquées, le chinchard est principalement capturé en prise accessoire des chaluts à perche visant les poissons plats ; il est vendu aux alentours de 0,43 euro/kg sous criées belges. En 2016, la Belgique a également importé 1 400 tonnes de chinchard.

 

Le chinchard Trachurus mediterraneus, appelé « chinchard à queue jaune » est présent principalement dans le sud du golfe de Gascogne et en Méditerranée. Peu de données sont disponibles sur l’état des stocks de cette espèce. Elle n’est pas considérée comme fortement exploitée et sa population semble variable, probablement en réaction à des changements écologiques. Les deux espèces de chinchard sont difficiles à distinguer.

 

 

À RETENIR

  • Le chinchard est un petit pélagique goûteux, bon marché, mais mal aimé des consommateurs français et belges.
  • L’espèce est de moins en moins abondante en Atlantique Nord-Est en raison du mauvais niveau de recrutement de juvéniles.
  • Privilégiez le chinchard pêché le long des côtes portugaises qui est le plus abondant de tous.
  • Le chinchard provenant des autres  stocks est à éviter.
  • Évitez les poissons de petite taille (< 25 cm). Privilégiez les achats des poissons adultes (> 25 cm).
  • Sa chair fondante est délicieuse crue, en marinade, au barbecue, en sushi…