Églefin | Guide des espèces

Églefin

Melanogrammus aeglefinus


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  • Atlantique Nord-Est : de l’Islande au nord de la Norvège jusqu’au

    golfe de Gascogne

  • Chalut de fond
  • Senne
  • Palangre
  • Filet

 


Dernière mise à jour : juin 2020

 

L’églefin est un poisson démersal de la famille des gadidés et vit entre 50 et 300 mètres de profondeur en Atlantique Nord. Il acquiert sa première maturité sexuelle vers l’âge de 4 ans chez le mâle et 5 ans chez la femelle, alors qu’elle mesure entre 33 et 46 cm selon sa localisation et qu’elle pèse environ 1,5 kg. L’églefin fait l’objet d’une importante pêche ciblée. Ce gadidé est principalement capturé au chalut de fond, au filet droit et à la palangre.

 

 

Capelans et églefins sont tous deux au menu des mammifères marins de l’Arctique. Plus les capelans seront abondants, plus l’églefin sera épargné par les phoques et les baleines.

 

 

Avec plus de 115 000 tonnes d’églefin importées (en équivalent poisson entier), 35 000 tonnes débarquées par an et des exportations marginales, le Royaume-Uni est le premier marché européen de l’églefin. Cette espèce, très populaire, y est notamment servie dans les quelque 11 000 « Fish and Chips » du pays ou sous forme fumée.

 

 

L’églefin est peu prisé en France au regard de la place que lui réservent les Britanniques. Outre-Manche, cette espèce se dispute, avec le cabillaud, les faveurs des consommateurs de « Fish and Chips ».

 

 

Mesures de conservation

 

La pêche à l’églefin fait l’objet d’un ensemble de mesures de conservation :

 

• une taille minimale de commercialisation fixée à 30 cm dans l’ensemble des zones sauf dans le Kattegat et le Skagerrak où elle est de 27 cm ;

• depuis janvier 1997, les chaluts utilisés en mer de Barents et dans les eaux du Spitzberg doivent être équipés d’une grille d’échappement pour les juvéniles.

 

 

La Belgique débarque 582 tonnes par an (2018) d’églefin pêché principalement en mer Celtique et mer du Nord et importe 305 tonnes depuis les Pays-Bas, le Danemark, la France et la Suède.

 

 

Durabilité variable d'un stock à l'autre

 

Les derniers avis du CIEM concluent que :

 

• Le stock d’églefin de mer du Nord, du Skagerrak, Ouest Écosse  (zones 3.a, 4 et 6.a) est en situation de surpêche mais la biomasse reste largement dans les limites de sécurité biologique. Les scientifiques du CIEM recommandent un niveau de captures de 41 818 tonnes en 2020 (39 525 tonnes capturées en 2018). Le TAC (Total Admissible de Captures) mis en place par l’Union européenne et la Norvège pour l’ensemble de ces zones suit cette recommandation et a été fixé à 41 819 tonnes. Les rejets ont été historiquement très élevés (notamment en Écosse, dans les pêcheries ciblant la langoustine) et très variables selon les années, en fonction des fluctuations du recrutement. Ils sont plus réduits ces dernières années (de l’ordre de 13 % en 2018). Dans le cadre de l’obligation de débarquement, des exceptions par pêcherie peuvent s’appliquer leur permettant de rejeter 4 % maximum de leurs captures annuelles d’églefin. 

 

• Le stock d’Islande  (zone 5.a) est surpêché mais avec une biomasse reproductive dans les limites de sécurité biologique. Un plan de gestion a été adopté par le gouvernement islandais en avril 2013 afin de réduire la mortalité par pêche; selon ce plan, les captures 2019/2020 ne devraient pas dépasser 41 823 tonnes.

 

• Le stock Nord-Est Arctique  (mer de Barents et mer de Norvège, zones 1 et 2) est (légèrement) surpêché en 2017 et 2018. La biomasse de reproducteurs est en forte baisse depuis le pic de 2015 (consécutif à plusieurs très forts recrutements) mais reste très largement au-dessus du seuil de durabilité. Le recrutement 2019 est estimé très fort. La pêche illégale a été fortement réduite dans cette zone qui fait l’objet d’un plan de gestion commun entre la Norvège et la Russie depuis 2004 et les rejets sont faibles. Le CIEM recommande des captures au plus égales à 215 000 tonnes en 2020, conformément au plan de gestion (191 276 tonnes capturées en 2018). 

 

• Le stock des Îles Féroé  (zone 5.b) est estimé en bon état, le CIEM recommande des captures au plus égales à 11 590 tonnes en 2020 (captures 2019 : 5 588 tonnes). 

 

• Le stock de Rockall (zone 6.b) est en bon état, avec une biomasse de reproducteurs en très forte hausse. Le CIEM recommande des captures de 10 472 tonnes en 2020 (4 656 tonnes capturées en 2018). Des mesures devraient être adoptées pour réduire les rejets ainsi que les prises de juvéniles. Deux plans de gestion, de l’Union européenne et de la Commission des pêcheries de l’Atlantique Nord-Est (CPANE), sont en cours d’évaluation, mais pas encore adoptés. 

 

• Le stock de mer d’Irlande (zone 7.a) est estimé en bon état. Le CIEM recommande des captures au plus égales à 3 830 tonnes pour 2020. Le TAC pour 2020 a été fixé à 3 156 tonnes contre 3 739 tonnes en 2019.

 

• Le stock de mer Celtique et Manche  (zones 7.b-k) est surpêché avec cependant une biomasse de reproducteurs supérieure au seuil de durabilité (bien que cette biomasse est en baisse après le pic de 2011, consécutif à un fort recrutement). Le recrutement 2018 est estimé très important. Le CIEM recommande, conformément au plan de gestion européen, des captures en 2020 au plus égales à 23 262 tonnes, soit une augmentation très importante du fait du fort recrutement qui arrive dans la pêcherie. Les rejets sont historiquement très élevés et variables selon les fluctuations des recrutements et du caractère limitant des quotas. En 2018, les rejets représentent 43 % des captures. 

Des dispositifs sélectifs (panneaux à mailles carrées) sont en place sur les pêcheries chalutières depuis le printemps 2012. Jusqu’au 20 mai 2020, il est interdit aux chaluts de fond dont les captures sont constituées d’au moins 20 % d’églefin, de pêcher dans les zones 7.f-g, et une partie des zones 7.h et 7.j ; à moins de recourir à l’un des dispositifs sélectifs précisés dans le règlement de l’Union européenne.

 

Églefin ou haddock

 

En France, l’églefin est présenté sous forme de filet frais à l’étal des poissonniers. L’églefin est également vendu sous forme de filet avec peau, fumé à froid. C’est lorsqu’il a subi cette transformation qu’il est appelé « haddock ». Les importations d’églefin en France s’élèvent à 4 604 tonnes en 2018.

 

 

 

À RETENIR

  • Les stocks d’églefin de Rockall,  de mer d’Irlande, des îles Féroé et du Nord-Est Arctique sont plutôt sains et le niveau actuel d’exploitation est considéré durable.
  • Évitez l’achat d’églefin provenant des autres stocks.
  • Quatorze pêcheries d’églefin sont certifiées MSC (dont le groupement de pêche français Comapêche-Euronor) et opèrent en Atlantique Nord (eaux canadiennes, mer de Barents, mer du Nord, eaux islandaises et eaux norvégiennes).