Seiche | Guide des espèces

Seiche

Sepia officinalis


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  • Atlantique Est, du nord de la Norvège au Sénégal

  • Océan Indien, du Cap de Bonne Espérance aux côtes du Mozambique

  • Mer Méditerranée

  • Chalut de fond
  • Filet
  • Casier

 


Dernière mise à jour : juillet 2020

 

Plusieurs espèces de seiche font l’objet d’une exploitation mais l’espèce la plus fréquente est Sepia officinalis. Les femelles fécondées peuvent pondre jusqu’à 3 000 œufs regroupés en grappes noires normalement entre avril et mai, dans les eaux côtières peu profondes (la date de ponte varie selon la température de l’eau entre le printemps et l’été). Les oeufs s’attachent à différents types de supports immergés naturels ou artificiels et leur incubation dure de 1,5 à 3 mois. Les jeunes seiches possèdent les caractéristiques morphologiques de l’adulte (phase larvaire absente) et sont appelées « sépions » ; ces juvéniles restent près du littoral tout l’été et, dans le cas du stock de la Manche, regagnent le centre de la zone en octobre. Vorace, la seiche se nourrit de poissons, de crevettes et de crabes mais peut également pratiquer le cannibalisme.

 

 

Pour échapper à ses prédateurs, la seiche envoie un nuage d’encre avant de s’enfuir.  Elle est également capable de changer de couleur en fonction  de son milieu. 

 

 

Une exploitation intense

Les seiches fréquentent une vaste aire de répartition, du nord de la Norvège jusqu’au sud de l’Afrique en Atlantique Est et du Cap de Bonne Espérance aux eaux côtières du Mozambique dans l’océan Indien. L’évaluation précise de l’état des stocks est difficile, la ressource dépend du recrutement (quantité de juvéniles entrant dans le stock de reproducteurs), lui-même lié aux conditions environnementales. Par ailleurs, bien que difficilement quantifiable, la mortalité par pêche est importante à tous les stades de développement de la seiche : œufs, juvéniles (sépions) et adultes. Le stock de seiche de Manche, essentiellement ciblé par la France et le Royaume-Uni, voit sa biomasse diminuer depuis plusieurs années et est considéré comme surpêché par les scientifiques. 

 

 

Absence de réglementation 

La seiche n’est soumise à aucune réglementation au niveau européen. Sa production ne fait l’objet ni de quota, ni de taille minimale réglementaire spécifique. Les juvéniles sont exploités intensément dans certaines pêcheries. Cependant, localement, les Comités Régionaux des Pêches de Bretagne et de Normandie ont un système de licence encadrant, au moins partiellement, cette pêcherie. De plus, l’Organisation des Producteurs de Normandie a défini des catégories commerciales et elle interdit la mise en vente d’individus de moins de 100 g (les sépions). Dans la bande côtière du golfe de Gascogne et l’ouest du Cotentin, zone dans laquelle le chalutage est interdit, la pêche est autorisée par dérogation deux semaines fin août. Des mesures de précaution pourraient à l’avenir être envisagées telles que l’encadrement du chalutage ou encore la création de zones de conservation qui permettraient de contribuer à une meilleure protection des nourriceries (protection des œufs et des juvéniles par fermeture de zones…). 

 

 

Production variable 

La seiche est une espèce à durée de vie courte et est caractérisée par une forte variabilité d’abondance, d’une année à l’autre. Les principaux ports de débarquements français sont les Sables d’Olonne, la Turballe, Saint-Quay-Portrieux, Le Guilvinec, Oléron, Erquy et Boulogne-sur-Mer. 

 

 

Au noir ou en blanc 

La seiche est commercialisée « au noir », sans avoir été lavée, ou sous forme de blanc de seiche, c’est-à-dire le manteau nettoyé. En 2017, 13 313 tonnes au total de seiches ont été importées en France, principalement du Royaume-Uni (448 tonnes) pour la fraîche et d’Espagne (226 tonnes) pour les produits surgelés. Cette même année, les négociants français ont exporté 10 422 tonnes de seiche, principalement vers l’Espagne (3 636 tonnes) et l’Italie (3 844 tonnes). En 2018, les producteurs ont mise en vente en halle à marée 5 474 tonnes contre 7 226 en 2017. 

 

 

 

 

 

 

 

À RETENIR

  • Céphalopode présent le long de nos rivages, notamment en Manche, la seiche fait l’objet d’une exploitation intense.
  • La mortalité par pêche touche la seiche à tous les stades de sa croissance : oeufs, juvéniles et adultes.
  • L’état des stocks n’est pas connu. Des règles de gestion permettraient d’assurer le bon état des stocks de géniteurs.
  • Il n’existe pas de taille commerciale minimale réglementaire. Cependant, évitez d’acheter des seiches immatures (18 cm).
  • A consommer avec modération en raison de l’impact de la pêche sur le stock de sépions (juvéniles de seiche).
  • Eviter la seiche de Manche, dont le stock est estimé surpêché.
     

À SAVOIR

Préservation

 

En Bretagne et Normandie, les seiches sont pêchées au casier entre mars et juin. Les casiers constituent de bons supports de ponte pour la seiche. A la fin de la saison de pêche, les casiers sont habituellement ramenés à terre et nettoyés, entraînant la destruction massive d’œufs de seiche. Conscients de cet impact, certains pêcheurs ont décidé d’attendre l’éclosion des œufs de seiche avant de nettoyer leurs casiers.